Le Tribunal des activités économiques de Lyon a prononcé, le 24 juin 2026, la liquidation judiciaire de SUSU France SAS, maison-mère d’un groupe d’assurance numérique présent en Côte d’Ivoire, au Cameroun, au Sénégal et en République démocratique du Congo.
Cette décision intervient alors que la startup, qui avait levé près de 9 millions de dollars auprès de plusieurs fonds d’investissement internationaux depuis 2019, accumulait des pertes financières depuis trois exercices consécutifs. Les documents consultés font état d’un déficit fiscal cumulé de plus de 2,17 millions d’euros, malgré des capitaux propres encore positifs grâce aux levées de fonds.
L’affaire soulève également des interrogations sur la fiabilité du reporting financier de l’entreprise. Un écart de plus de 125 000 euros a notamment été relevé entre le procès-verbal de l’assemblée générale et la liasse fiscale portant sur les comptes de l’exercice 2024, sans explication officielle à ce stade.
Des conséquences possibles pour les filiales africaines
La liquidation de la maison-mère fait planer des incertitudes sur les activités des filiales implantées en Afrique, qui emploient entre 40 et 45 salariés. Ces structures, juridiquement autonomes, versaient chaque année des redevances à la société française, créant une dépendance financière vis-à-vis de cette dernière.
Des interrogations demeurent également sur le paiement des cotisations sociales dans les différents pays concernés, ainsi que sur la continuité des services pour les assurés, notamment les membres de la diaspora ayant souscrit des contrats au profit de leurs proches en Afrique.
Un signal d’alerte pour les startups opérant en Afrique
Au-delà du cas SUSU, cette liquidation relance le débat sur la gouvernance des startups africaines financées depuis l’Europe. Le dossier met en lumière l’importance d’une gouvernance solide, d’une autonomie financière réelle des filiales locales et d’un reporting financier transparent afin de limiter les risques pour les investisseurs, les régulateurs et les assurés.
L’affaire pourrait ainsi servir de référence dans les réflexions sur l’encadrement des groupes opérant dans le secteur de l’assurance en Afrique, où la solidité des filiales locales apparaît désormais comme un enjeu majeur.

