L’ancien candidat à la présidentielle et membre du parti Les Démocrates, Daniel Edah, a publié ce samedi 1er novembre 2025 une lettre ouverte adressée au président Patrice Talon. Dans ce message relayé sur sa page Facebook, l’homme politique exprime son opposition au nouveau projet de révision de la Constitution, actuellement introduit à l’Assemblée nationale.
Daniel Edah estime que cette initiative survient dans un contexte politique tendu, marqué par la démission récente de plusieurs députés du principal parti d’opposition. Selon lui, cette situation a fait disparaître la « minorité de blocage » qui, jusqu’ici, empêchait toute modification de la Loi fondamentale. Il considère que cette évolution rend désormais « le terrain favorable » à l’adoption du texte, qu’il juge cependant « inopportune » et « opportuniste », en raison de la proximité des prochaines élections générales.
Bien que portée par des parlementaires, Daniel Edah estime que l’initiative émane du chef de l’État, les députés de la majorité n’ayant, selon lui, « pas agi sans l’aval de leur patron politique ». Il invite Patrice Talon à se désolidariser du projet et à démontrer que celui-ci ne vient pas de lui. Dans sa lettre, il met en garde contre une révision susceptible, selon ses mots, de « créer des privilèges à vie » pour certaines personnalités politiques et d’affaiblir la démocratie pluraliste du pays.
L’ancien cadre de l’opposition évoque également le risque d’un « retour au monolithisme politique », rappelant l’époque du Parti de la Révolution Populaire du Bénin (PRPB). Il avertit que le texte pourrait engendrer instabilité institutionnelle et insécurité juridique, tout en décourageant les investisseurs étrangers.
Daniel Edah appelle le président Talon à renoncer à la réforme, estimant que les députés, à quelques semaines de la fin de la législature, ne disposent plus de la légitimité morale pour l’entreprendre. Il invite le chef de l’État à user de son autorité avec mesure et à privilégier le dialogue avec les citoyens.
Pour l’homme politique, si une révision constitutionnelle devait s’imposer, elle devrait passer par un référendum populaire, afin de « respecter la volonté du peuple » et de témoigner d’« une élégance politique ».
Évoquant le climat actuel marqué par un dispositif sécuritaire renforcé, Daniel Edah y voit un signe de tension sociale et met en garde contre toute dérive autoritaire. Il conclut en exhortant le président Talon à favoriser la paix, la démocratie et le développement, plutôt que « d’imposer une réforme contestée ».

