La proclamation des résultats provisoires de la présidentielle du 12 avril 2026 par la Cour constitutionnelle du Bénin dépasse largement le simple exercice de lecture de chiffres. Derrière les pourcentages annoncés, se cache un travail minutieux de vérification qui a conduit à l’annulation de 34 596 suffrages jugés irréguliers.
Si la victoire du duo Romuald Wadagni – Mariam Chabi Talata se confirme, elle a surtout été soumise à l’épreuve d’un contrôle juridictionnel rigoureux. Les sages ont passé au crible pas moins de 17 463 procès-verbaux issus des 546 arrondissements du territoire national, ainsi que des centres de vote de la diaspora.
Un inventaire détaillé des irrégularités
Le rapport de la haute juridiction dresse un tableau précis des anomalies relevées. Parmi les principales irrégularités figurent des manquements administratifs : plis électoraux non scellés, absence de signatures des membres de bureaux de vote, erreurs dans le remplissage des fiches de dépouillement ou encore défaut de registres pour les votes dérogatoires.
À cela s’ajoutent des incohérences techniques, notamment des discordances entre les codes des procès-verbaux et les cachets officiels, ou encore des écarts entre les chiffres inscrits en lettres et ceux en chiffres.
Fraudes suspectées et bulletins litigieux
Plus préoccupant, la Cour évoque explicitement des cas de « bourrage d’urnes » ainsi que des incohérences entre le nombre d’inscrits et celui des votants dans certains postes. Des bulletins ont également été invalidés pour non-conformité : mentions manuscrites, signes distinctifs ou choix ambigus entre plusieurs candidats.
Malgré l’ampleur du nombre de voix annulées, la juridiction constitutionnelle reste catégorique : ces irrégularités, bien que réelles, ne sont pas de nature à inverser l’issue du scrutin. « Elles n’altèrent ni la sincérité ni la transparence du vote », souligne la décision.
Un processus de “nettoyage” pour renforcer la légitimité
En procédant à ces corrections, la Cour constitutionnelle du Bénin affirme avoir isolé les suffrages valablement exprimés, consolidant ainsi la crédibilité des résultats. Une démarche qui, selon plusieurs observateurs, renforce la légitimité du président élu en garantissant que chaque voix retenue a été validée à l’issue d’un examen juridique approfondi.
Au terme de ce processus, le scrutin est déclaré régulier. Cette décision ouvre la voie à la proclamation définitive des résultats et referme, en principe, le chapitre des contestations techniques.
Une démocratie sous contrôle institutionnel
Au-delà des chiffres, cet épisode met en lumière les mécanismes de régulation du système électoral béninois. Entre erreurs humaines, défaillances logistiques et soupçons de fraude, l’intervention de la Cour apparaît comme un garde-fou essentiel pour préserver l’intégrité du vote.

