L’investiture du président béninois Cossi N’Bueke Romuald Wadagni a été marquée par une forte présence diplomatique africaine, notamment celle des pays de l’Alliance des États du Sahel (AES). Une participation hautement symbolique qui laisse entrevoir une nouvelle dynamique dans les relations entre le Bénin et ses voisins sahéliens après plusieurs années de tensions.
Conformément au protocole béninois, aucun chef d’État étranger n’assiste traditionnellement à la cérémonie de prestation de serment du président de la République. Toutefois, plus de seize délégations étrangères ont effectué le déplacement à Cotonou pour cet événement historique.
Parmi les présences les plus remarquées figuraient le Premier ministre nigérien Ali Mahamane Lamine Zeine ainsi que les ministres des Affaires étrangères du Burkina Faso et du Mali. Leur arrivée a suscité une vive émotion dans la salle, où de chaleureux applaudissements ont éclaté au moment de leur présentation officielle. Pour de nombreux observateurs, cette ferveur populaire traduit une volonté manifeste de rapprochement entre Cotonou et les pays de l’AES, alors que les relations diplomatiques étaient devenues particulièrement tendues ces dernières années.
En juillet 2025 déjà, les autorités béninoises avaient invité les pays sahéliens aux célébrations du 65e anniversaire de l’indépendance du Bénin. Une invitation finalement déclinée par les États concernés, illustrant à l’époque le climat de froideur qui prévalait entre les différentes capitales. Cette fois-ci, le signal semble différent. Selon le Premier ministre nigérien, sa présence à Cotonou aurait été validée par l’ensemble des dirigeants de l’AES, sensibles aux messages d’ouverture et de fraternité portés par Romuald Wadagni avant son accession au pouvoir.
Durant sa campagne et dans ses différentes prises de parole, le nouveau président béninois a régulièrement insisté sur la nécessité d’une coopération régionale renforcée face aux défis sécuritaires, notamment la menace terroriste qui frappe plusieurs pays ouest-africains. « Je vois que c’est une nouvelle voie qui s’ouvre », a déclaré l’émissaire nigérien à l’issue de la cérémonie.
Dans son discours d’investiture, le président Romuald Wadagni a lui aussi réaffirmé sa volonté de privilégier le dialogue et la coopération avec les pays voisins. « Avec nos pays voisins, nous mettrons un accent particulier sur l’approfondissement de la coopération régionale. (…) Dans une sous-région confrontée au péril terroriste, nous sommes condamnés à travailler ensemble », a-t-il affirmé.
En plaçant la solidarité régionale et la coopération sécuritaire au cœur de ses priorités, le nouveau chef de l’État béninois semble vouloir ouvrir une nouvelle page diplomatique dans les relations entre le Bénin et les pays du Sahel.

