En fin de mission au Bénin, le représentant résident de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao), l’ambassadeur Amadou Diongue, a été reçu en audience, mercredi 29 avril 2026, par le président de la Cour constitutionnelle, Dorothé Sossa. Une visite d’adieu à forte portée symbolique, marquée par un double message : saluer une coopération institutionnelle jugée exemplaire et tirer la sonnette d’alarme sur la situation en Afrique de l’Ouest.
Au sortir de l’audience, le diplomate a rappelé le caractère protocolaire de la démarche, conforme aux usages en fin de mission. « À la fin d’un mandat, il est de tradition de faire ses adieux aux institutions du pays hôte », a-t-il expliqué, tout en soulignant la qualité des relations entretenues avec la haute juridiction béninoise.
Durant son séjour, Amadou Diongue dit avoir multiplié les échanges avec le président Dorothé Sossa, notamment à l’occasion des échéances électorales. Des interactions qui ont permis, selon lui, d’aborder des questions sensibles liées à l’organisation et au bon déroulement des scrutins. Il a, à cet effet, salué les efforts d’innovation de la Cour constitutionnelle dans l’accomplissement de ses missions. « Cette visite est aussi l’occasion de magnifier la coopération que nous avons eue », a-t-il insisté, plaidant pour la poursuite de ces relations entre l’institution béninoise et l’organisation sous-régionale.
Mais au-delà du cadre protocolaire, l’entretien a été l’occasion d’évoquer les turbulences actuelles au sein de la sous-région. L’ambassadeur a décrit une période « critique », marquée par un affaiblissement du climat de confiance entre certains États membres de la Cedeao. Il appelle à une reconstruction de cette confiance, condition essentielle à la consolidation de l’intégration régionale. « L’avenir de nos pays ne peut être envisagé qu’en commun », a-t-il martelé.
Les échanges ont également porté sur des réflexions plus larges autour des modèles constitutionnels adaptés aux réalités ouest-africaines. Amadou Diongue a, au passage, exprimé son « profond respect » pour le président de la Cour constitutionnelle, saluant sa disponibilité et son engagement en faveur du renforcement des institutions.
En quittant ses fonctions, le diplomate laisse l’image d’un acteur engagé, ayant œuvré au renforcement du dialogue entre la Cedeao et les institutions béninoises, dans un contexte régional en quête de stabilité et de cohésion.

