1er août 1960 – 1er août 2025, le Bénin s’apprête à célébrer le 65ème anniversaire de son accession à la souveraineté nationale et internationale. A cette occasion, le Président Patrice Talon a invité les troupes de (04) quatre pays étrangers à participer au défilé militaire de l’édition 2025, dont deux (02) appartenant à l’Alliance des États du Sahel (AES).
Cette invitation hautement symbolique, marque une volonté claire du chef de l’État béninois de maintenir le dialogue et l’unité africaine, malgré les tensions régionales actuelles. Mais à ce jour, aucune réponse officielle n’a été donnée par les deux pays de l’AES concernés, laissant planer une incertitude sur leur présence à cet événement solennel. Ce silence pas anodin s’inscrit dans un contexte plus large, fait de tensions diplomatiques et de méfiance persistante. L’exemple le plus frappant reste la fermeture prolongée de la frontière du côté nigérien, malgré les multiples démarches diplomatiques, appels au calme et efforts d’apaisement menés par le Bénin.
Le Niger quant à lui refuse obstinément de rouvrir la frontière avec le Bénin jusqu’à ce jour, alors même que Cotonou a respecté les décisions de levée des sanctions prises par la CEDEAO et multiplié les signaux de bonne volonté. Une situation qui pose une vraie question de réciprocité.
Dans ce contexte, le geste du Président Talon d’inviter les troupes de ces pays au défilé national prend une dimension encore plus forte : celle de la paix au-delà des ressentiments, celle d’un leadership mature et tourné vers la cohésion régionale.
Mais il est aussi légitime de se demander si les pays de l’AES auraient eu le même élan envers le Bénin, s’ils avaient été dans la même posture ?
Pour l’instant, le Bénin choisit la hauteur. Il tend la main, même à ceux qui lui tournent le dos. Cela s’appelle la grandeur d’État. Le reste appartient à l’Histoire et à ceux qui sauront, ou non, répondre à l’appel du bon sens africain.

