Le tiktokeur béninois connu sous le pseudonyme de « Tigre Survivor » a comparu, jeudi 2 juillet 2026, devant la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET). Au centre de la procédure : plusieurs publications et diffusions en direct sur TikTok, jugées par la justice susceptibles de constituer des infractions.
Le prévenu est poursuivi pour harcèlement via internet, incitation à la violence et escroquerie via internet. À la barre, il a reconnu les faits de harcèlement via internet et d’incitation à la violence, tout en contestant l’accusation d’escroquerie via internet. Selon la juridiction, son interpellation fait suite à plusieurs contenus diffusés sur TikTok dans lesquels il aurait tenu des propos considérés comme des appels à la violence.
Interrogé sur les motivations de ses prises de position, « Tigre Survivor » a expliqué s’être inspiré d’une citation de Martin Luther King Jr. : « Nos vies commencent à finir le jour où nous devenons silencieux sur les choses qui comptent. »
Invité à préciser ce qu’il entendait par « les choses qui comptent », il a indiqué faire référence à la situation de personnes qu’il considère comme des « détenus politiques », citant notamment le professeur Joël Aïvo, qu’il a présenté comme l’un de ses anciens enseignants à l’université.
La cour lui a ensuite demandé s’il était capable de distinguer les délits de droit commun des délits politiques. Le prévenu a répondu par la négative. Au cours de l’audience, il a également exprimé ses regrets, affirmant ne pas avoir pleinement mesuré la portée de ses publications ni les conséquences qu’elles pouvaient entraîner.
Avant de renvoyer l’affaire, le président de céans a lancé un appel à la responsabilité à l’endroit du prévenu et de l’ensemble des personnes présentes dans la salle d’audience. « Soyez responsable, c’est tout ce que la loi vous demande. Aucun gouvernement ne vous veut du mal », a-t-il déclaré.
À l’issue de l’audience, la CRIET a confirmé le mandat de dépôt du prévenu et renvoyé le dossier au 20 août 2026, date prévue pour les réquisitions du ministère public.

