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Conflit Israël–Palestine : la FIFA sous pression, Infantino prône la neutralité

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Lors de l’ouverture du conseil de la FIFA tenue ce jeudi 2 octobre 2025 à Zurich en Suisse, le président de l’instance mondiale, Gianni Infantino, est intervenu face à la pression croissante d’experts de l’ONU demandant la suspension d’Israël de toutes les compétitions de football.

Infantino a affirmé que « La FIFA ne peut pas résoudre les problèmes géopolitiques, mais elle peut et doit promouvoir le football à travers le monde en exploitant ses valeurs unificatrices, éducatives, culturelles et humanitaires. » Selon lui, le rôle de la FIFA n’est pas de trancher les conflits internationaux, mais de servir de pont dans un monde divisé, en porteur d’un message de paix et d’unité. Il a aussi rappelé que les appels à suspendre Israël étaient sensibles et complexes, nécessitant l’accord des confédérations continentales, et qu’une telle décision devait être prise avec « prudence ».

Trois experts indépendants des Nations unies ont récemment exigé que la FIFA et l’UEFA suspendent Israël, estimant que le conflit à Gaza engageait des violations graves des droits humains. Des organisations comme Amnesty International ont elles aussi exhorté les instances du football à agir. Le président de la Fédération turque de football s’est publiquement adressé à la FIFA et à l’UEFA pour réclamer l’exclusion d’Israël des compétitions. L’UEFA envisage un vote en urgence lors de son comité exécutif pour suspendre Israël de ses compétitions (clubs et sélections).

Toutefois, toute décision de l’UEFA n’implique pas automatiquement celle de la FIFA. Les qualifications pour la Coupe du Monde relèvent de la compétence globale de la FIFA, mais l’intégration d’Israël dans le giron européen dépend aussi du cadre UEFA. Le vice-président de la FIFA, Victor Montagliani, a souligné que les questions relatives à la participation d’Israël dans les compétitions européennes incombaient avant tout à l’UEFA. Les États-Unis se seraient opposés à toute suspension, en particulier eu égard à leur rôle dans l’organisation de la Coupe du Monde 2026 (États-Unis, Canada, Mexique).

Israël, quant à lui, est encore engagé dans les qualifications de la Coupe du Monde 2026 et figure actuellement à la troisième place de son groupe européen. Certains observateurs établissent un parallèle avec l’exclusion de la Russie des compétitions internationales suite à l’invasion de l’Ukraine en 2022. Ils estiment que le même principe devrait s’appliquer à Israël si les allégations de violations des droits de l’homme sont avérées.

La réponse d’Infantino reflète une posture prudente cherchant à ménager les sensibilités politiques, diplomatiques et sportives sans prendre de décision radicale. En refusant de condamner ou sanctionner directement Israël, il laisse la porte ouverte à des actions futures coordonnées avec les confédérations.

Mais cette attitude est critiquée par certains comme une forme de tiédeur face à des appels puissants pour que le sport ne reste pas indifférent aux crises humanitaires. Il y a un équilibre périlleux entre l’idée que le sport doit rester « neutre » et l’argument selon lequel les institutions sportives portent aussi une responsabilité morale lorsqu’il y a violation massive des droits humains.

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