Le Reporters sans frontières (RSF) a publié, ce jeudi 30 avril 2026, son classement mondial de la liberté de la presse. Le Bénin y enregistre un net recul, chutant de la 92ᵉ place en 2025 à la 113ᵉ position cette année.
Avec un score global de 47,39 points contre 54,60 un an plus tôt, le pays perd du terrain parmi les 180 États évalués. Il se retrouve désormais derrière plusieurs nations africaines comme le Burkina Faso, la Guinée et le Nigeria, tout en devançant encore les Philippines, le Liban et Israël.
Dans son analyse, RSF souligne une réduction progressive de l’espace d’expression des professionnels des médias. Si le paysage médiatique béninois reste pluraliste, il demeure fragilisé par des difficultés économiques structurelles, notamment l’absence de grands groupes de presse capables de soutenir durablement le secteur.
L’organisation alerte également sur des atteintes à l’indépendance éditoriale, évoquant une baisse significative de la liberté de ton des journalistes ces dernières années, ainsi que des mécanismes de contrôle au sein des médias publics.
Autre facteur pointé : la détention de journalistes, jugée déterminante dans cette dégradation. RSF cite notamment le cas de Hugues Comlan Sossoukpè, fondateur du média en ligne Olofofo, arrêté en Côte d’Ivoire puis transféré au Bénin en juillet 2025, où il reste détenu.
Le rapport met aussi en cause le fonctionnement de la Société de radiodiffusion et de télévision du Bénin (SRTB), dont certains contenus seraient soumis à une validation préalable impliquant des représentants de l’exécutif.
Au sommet du classement 2026, la Norvège, les Pays-Bas et l’Estonie dominent avec des scores supérieurs à 88 points. À l’inverse, la Chine, la Corée du Nord et l’Érythrée ferment la marche.

