À trois semaines de l’élection présidentielle du 12 avril prochain, Chabi Yayi, fils de l’ancien président Thomas Boni Yayi, a annoncé ce mardi 24 mars 2026 à Jeune Afrique, son soutien à Romuald Wadagni, candidat de la mouvance présidentielle. Une décision qu’il dit motivée par « pragmatisme » et par une convergence de vues sur plusieurs réformes.
Ce ralliement intervient dans un climat de fortes turbulences au sein du parti Les Démocrates, que Chabi Yayi a quitté le 4 mars dernier, au moment où son père se retirait de la présidence de la formation. Ancien secrétaire aux relations extérieures du parti, il tourne ainsi une page politique importante. Face au candidat de la majorité, Romuald Wadagni, seul Paul Hounkpè, représentant de la Force cauris pour un Bénin émergent (FCBE), est en lice.
Le choix de Chabi Yayi s’inscrit dans un contexte de fragilisation de son ancien parti, marqué notamment par l’invalidation de la candidature de Renaud Agbodjo faute de parrainages suffisants, ainsi que par une absence totale de députés à l’issue des législatives de janvier 2026.
À ces difficultés s’ajoutent des tensions internes sur la gouvernance du parti. Le 23 mars, Nourénou Atchadé a été désigné président en remplacement de Thomas Boni Yayi, une décision contestée par Éric Houndété, qui revendique la direction intérimaire jusqu’au prochain congrès.
Justifiant son ralliement, Chabi Yayi met en avant sa proximité de longue date avec Romuald Wadagni, qu’il décrit comme « un homme de dialogue », attentif même en période de divergences politiques. Il estime qu’une éventuelle élection du candidat de la majorité pourrait ouvrir « une nouvelle page » pour le Bénin. Sur le plan politique, il évoque également la nécessité d’un dialogue national élargi, notamment sur la situation de certaines figures de l’opposition incarcérées, dont Reckya Madougou et Joël Aïvo.
Par ailleurs, impliqué dans l’enquête liée à la Tentative de coup d’État du 7 décembre 2025 au Bénin, Chabi Yayi, brièvement placé en garde à vue en décembre dernier, affirme rester à la disposition de la justice et ne nourrir « aucune rancœur personnelle ».
Ce ralliement pourrait rebattre les cartes à l’approche du scrutin, dans un paysage politique déjà marqué par de profondes recompositions.
