Un pasteur d’une église céleste basé à Parakou comparaît devant la justice béninoise dans une affaire d’escroquerie présumée portant sur plus de 300 millions de francs CFA. Le dossier, examiné ce jeudi 12 février 2026, met en cause le responsable religieux, accusé par deux fidèles de leur avoir soutiré d’importantes sommes d’argent sous couvert de révélations spirituelles. L’information a été relayée par Bip Radio.
Selon le premier plaignant, l’affaire aurait débuté après des révélations attribuées à un supposé prophète résidant en Belgique. Présenté comme un intermédiaire spirituel, ce dernier aurait exigé un million de francs CFA pour des séances de prières. La victime affirme s’être exécutée en remettant la somme en espèces.
Toujours selon son témoignage, le pasteur lui aurait ensuite annoncé que ce prophète, surnommé « le Blanc », aurait manifesté sa satisfaction en lui offrant trois véhicules. Pour faciliter l’acquisition de ces biens, la victime déclare avoir versé 17 millions de francs CFA supplémentaires, sans jamais entrer en possession des véhicules promis. D’autres annonces, notamment l’attribution d’une maison, auraient suivi. Au total, le plaignant affirme avoir remis plus de 300 millions de francs CFA au responsable religieux.
La seconde plaignante décrit un mode opératoire comparable. Elle affirme avoir, dans un premier temps, transféré 150 000 francs CFA via Mobile Money au pasteur, après des révélations attribuées au même prophète.
Quelques jours plus tard, elle aurait été informée qu’un véhicule de marque Lexus lui avait été offert. Le pasteur lui aurait également conseillé de se rendre à Cotonou pour établir un passeport, évoquant un voyage imminent en lien avec ces révélations spirituelles. La victime affirme avoir suivi ces instructions et estime avoir déboursé environ 12 millions de francs CFA au total.
À la barre, le prévenu rejette catégoriquement les accusations et parle d’un montage destiné à le discréditer. Il soutient que le prophète belge existe bel et bien et serait membre de l’église, affirmant même qu’il aurait déjà séjourné à Parakou.
Toutefois, le président de la cour a rappelé qu’au cours de l’enquête préliminaire, le pasteur avait déclaré ne jamais avoir rencontré ce prétendu prophète, soulevant ainsi des contradictions dans sa défense.
À l’issue des débats, la juridiction a décidé de renvoyer le dossier au 19 mars 2026 pour la poursuite de l’examen de l’affaire.

