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Tensions autour de la presse : RSF dénonce une détention “arbitraire” et exige la libération de deux journalistes au Bénin

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Reporters sans frontières hausse le ton dans l’affaire des journalistes Hugues Comlan Sossoukpè et Ali Moumouni, détenus au Bénin depuis près de neuf mois. L’ONG appelle à leur libération immédiate et dénonce de graves atteintes aux droits fondamentaux.

Dans une récente déclaration, l’organisation affirme que Hugues Sossoukpè a été victime d’un enlèvement suivi d’un transfert forcé hors de tout cadre légal, avant d’être placé en détention arbitraire. Une position soutenue par Sadibou Marong, directeur du bureau Afrique subsaharienne de RSF, qui évoque des violations contraires aux engagements internationaux.

Fondateur du média Olofofo et réfugié politique au Togo depuis 2021, Hugues Sossoukpè avait été interpellé en juillet 2025 à Abidjan, alors qu’il couvrait un événement officiel. Selon RSF, il aurait ensuite été transféré à Cotonou à bord d’un avion privé, avec la complicité des autorités ivoiriennes, dans une opération jugée irrégulière.

Depuis son incarcération, le journaliste aurait été maintenu plusieurs mois dans des conditions difficiles, notamment en isolement strict durant sept mois. Les visites familiales n’auraient été autorisées qu’au début de l’année 2026. Il est poursuivi pour harcèlement par voie électronique, rébellion et apologie du terrorisme.

RSF inscrit également ce dossier dans un contexte plus large, en citant le cas d’Ali Moumouni, ancien journaliste du groupe Canal 3. Arrêté en juillet 2025 à Cotonou lors d’une formation, il est poursuivi pour incitation à la violence, rébellion, harcèlement électronique et apologie du terrorisme, en lien présumé avec le média Olofofo.

Détenu à la prison civile de Cotonou, Ali Moumouni dispose d’un accès à son avocat, mais ses visites familiales restent limitées. Sa première audience, tenue en mars 2026, avait été suspendue pour raisons de santé, avant une reprise des débats à la mi-avril.

Face à ces éléments, RSF estime que les deux journalistes sont détenus de manière injustifiée et appelle les autorités béninoises à garantir le respect des droits de la défense ainsi que des engagements internationaux en matière de liberté de la presse.

Le 24 avril, l’organisation a saisi la Cour de justice de la CEDEAO par l’intermédiaire de son avocat, Me Koffi Sylvain Mensah Attoh. Elle accuse notamment la Côte d’Ivoire d’avoir violé le droit international en matière de protection des réfugiés en remettant Hugues Sossoukpè aux autorités béninoises en dehors de toute procédure légale.

À travers cette action judiciaire, RSF entend faire reconnaître les violations alléguées, obtenir la libération des deux journalistes et exiger réparation pour les préjudices subis.

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